Je viens de suivre l'évolution de l'EUR face à l'USD et honnêtement, ces derniers temps, l'euro a été plutôt difficile. Impossible de franchir la barrière des 1.1450 quoi qu'il arrive, et avec tout ce qui se passe au Moyen-Orient en ce moment, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi les investisseurs deviennent nerveux.



Le tableau technique vous dit la plupart de ce que vous devez savoir. Nous sommes juste en dessous de ce niveau psychologique de 1.1450, avec la moyenne mobile à 50 jours qui traîne autour de 1.1475 comme un plafond. Le volume a augmenté d'environ 18 % par rapport à la semaine dernière, ce qui indique généralement une conviction dans la vente. L'indice RSI tourne autour de 42, donc nous ne sommes pas encore en situation de survente, mais la tendance est clairement baissière. Le support tient pour l’instant à 1.1420, avec 1.1385 comme prochaine ligne de défense majeure.

Ce qui est intéressant, c’est que la moyenne mobile à 20 jours a juste croisé en dessous de celle à 50 jours jeudi dernier. Signal classique de tendance baissière. Les bandes de Bollinger se sont élargies de 15 %, ce qui signifie que la volatilité augmente. La retracement Fibonacci à 61,8 % à 1.1435 offre une certaine protection temporaire, mais la vraie activité se situe entre 1.1420 et 1.1450, où la majorité des traders sont positionnés.

Mais voici le point important : cette faiblesse de l’EUR face à l’USD ne se limite pas à du bruit technique. La situation géopolitique crée de véritables vents contraires pour les actifs européens. Les marchés de l’énergie s’envolent avec le Brent qui grimpe de 8 % ce mois-ci et les contrats à terme sur le gaz naturel qui montent de 12 %. Cela exerce une pression directe sur l’économie de la zone euro, surtout avec toutes les préoccupations sécuritaires régionales. Lorsqu’il y a des disruptions dans l’approvisionnement énergétique et des incertitudes sur les routes maritimes, l’impact est plus fort en Europe que dans la plupart des autres régions.

Les données économiques de la zone euro sont mitigées au mieux. L’inflation est à 2,8 %, ce qui dépasse l’objectif. Le PMI manufacturier a contracté pour le troisième mois consécutif. La production industrielle a chuté de 0,7 % en glissement mensuel. La confiance des consommateurs a chuté à -14,8. La Commission européenne a déjà revu à la baisse ses prévisions de croissance de 0,3 point de pourcentage. Pendant ce temps, la Fed reste stable et le différentiel de taux d’intérêt continue de favoriser le dollar. C’est un cocktail qui favorise la faiblesse de l’EUR face à l’USD.

Le comportement institutionnel est également révélateur. La Deutsche Bank observe une augmentation de l’activité de couverture parmi les exportateurs européens. Goldman Sachs signale un potentiel de faiblesse de l’euro face aux devises refuges. Les hedge funds ont réduit leurs positions longues sur l’euro, et les banques commerciales voient une demande accrue pour les actifs en dollar. Quand l’argent intelligent bouge ainsi, le retail suit généralement.

Historiquement, on a déjà observé des schémas similaires. Lors de la crise de Crimée en 2014, l’EUR face à l’USD a chuté d’environ 4,2 %. La pandémie de 2020 a provoqué des fluctuations mensuelles de 6,8 %. Les mouvements actuels restent dans ces fourchettes historiques, ce qui suggère que cela concerne plus un sentiment de fuite vers la sécurité qu’un problème spécifique à l’euro. Le franc suisse a gagné 1,8 % face à l’euro ce mois-ci, et le yen montre une force similaire en tant que valeur refuge.

En regardant vers l’avenir, une analyse scénaristique propose plusieurs trajectoires. Si la diplomatie parvient à faire avancer les choses, on pourrait voir une reprise rapide vers 1.1550. Si les tensions s’intensifient, 1.1350 devient la cible. La plupart des analystes donnent une probabilité de 40 % à une stabilisation. La BCE est dans une position difficile : elle doit équilibrer ses préoccupations d’inflation avec les risques de croissance, ce qui pèsera sur la devise.

Pour les traders surveillant l’EUR face à l’USD, gardez un œil sur 1.1450 et 1.1475 comme résistances. Support à 1.1420 et 1.1385. Si l’un ou l’autre de ces niveaux est franchi de manière décisive, attendez-vous à une poursuite. Mais, en réalité, tant que la situation géopolitique ne se stabilise pas ou qu’on ne voit pas un changement significatif dans les données économiques, cette tendance défensive devrait perdurer. L’indice VIX a bondi de 22 % ce mois-ci et les indices de volatilité des devises montrent des patterns similaires. La aversion au risque est bien réelle en ce moment.
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