Puisque la richesse des riches représente 80 % de la richesse totale de la société, alors encourager la consommation des riches ne serait-il pas la solution ?
Pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre les trois obstacles que le capitalisme ne peut pas franchir. Premier obstacle : l’effet Matthieu C’est une maladie commune à toutes les propriétés privées, pas spécifique au capitalisme. Au début de la propriété privée, les ressources sont abondantes, la ligne de départ est à peu près la même, plus on travaille, plus on gagne, chacun peut envisager un avenir meilleur. Mais à moyen terme, les grands capitaux commencent à montrer leur avantage de taille. Coca-Cola, grâce à l’échelle, réduit ses coûts, les petites usines qui entrent sur le marché ne peuvent tout simplement pas rivaliser. Les grandes entreprises peuvent aussi, en brûlant de l’argent en pertes, évincer le marché, comme Meituan ou Didi à leurs débuts, en établissant rapidement une position monopolistique. À la fin, lorsque les ressources deviennent rares, la lutte entre gros poissons devient peu esthétique. La dynastie féodale en est un exemple : après des guerres, la population diminue, les seigneurs et les paysans ont chacun leurs terres. Mais les seigneurs utilisent diverses méthodes pour s’approprier les terres, comme acheter à bas prix lors de calamités ou frauder en collusion avec l’administration. Finalement, les terres des paysans diminuent, les seigneurs forment des forces solides, et ils exploitent le pouvoir impérial pour opprimer le peuple. Lorsqu’une grande calamité survient, le peuple ne peut plus survivre, il se révolte, ou l’empereur centralise le pouvoir et les seigneurs locaux se révoltent. L’ancienne dynastie s’effondre, le peuple traverse une période sombre, en attendant la prochaine dynastie. C’est ce que Huang Peiyan appelle la loi cyclique de l’histoire. Tant que la propriété privée ne sera pas modifiée, l’effet Matthieu existera toujours. Le capitalisme doit être renversé non pas à cause de la morale des capitalistes, mais à cause du mécanisme. Il est plus facile pour un bon capitaliste de changer de mentalité, mais les mauvais sont plus obstinés. Cependant, le plus important, c’est que ce n’est pas toi qui comptes le plus pour moi, mais moi pour toi. Deuxième obstacle : le capitalisme ne vise pas principalement la production Il n’y a que deux façons de faire croître la richesse : la création et le transfert. La création, c’est produire, faire grand le gâteau. Le transfert, c’est prendre, de manière légitime ou violente, c’est toujours un jeu à somme nulle. L’objectif fondamental du capitalisme est la valorisation du capital, c’est-à-dire l’effet Matthieu, peu importe les moyens. Au début, les capitalistes sont passionnés par la production, car la richesse sociale totale n’est pas élevée, seul le développement de la production permet d’accumuler de la richesse, c’est la première pièce d’or. Mais lorsque l’accumulation de capital atteint un certain niveau, ils commencent à chercher des moyens détournés, car produire est lent et fatigant, d’où la naissance de la finance. Le moyen le plus courant est le prêt bancaire, avec intérêts. Quand le capital est petit, les intérêts ne sont pas significatifs, mais quand il devient grand, on peut atteindre la liberté financière. Quelques centaines de millions d’euros rapportent plusieurs dizaines de milliers par jour, sans faire aucune production, ce qui n’aide pas directement à augmenter la richesse sociale. Bien que les intérêts bancaires créent indirectement de la richesse sociale, d’autres formes ne sont pas forcément légitimes. Par exemple, à Shanghai, dix appartements loués rapportent plusieurs dizaines de milliers par mois, le salaire d’un doctorant est à peu près ce montant, le propriétaire peut aussi bien être un chien. La magie du capital se manifeste : ne rien faire chaque jour, et la richesse peut rivaliser avec celle des talents supérieurs. Mais derrière cette tranquillité se cache le travail acharné de nombreux ouvriers. Le capital est un gouffre qui fait plier de nombreux héros. Jack Ma, qui a transformé l’esprit de faire des affaires sans difficulté en fortune, a évolué en fortune de bienfait, et après avoir fait grand, les industriels se lancent dans l’immobilier. Si l’État ne contrôlait pas la finance, il y aurait aujourd’hui une multitude de banques privées. Après avoir goûté à la douceur de la liberté financière, il est difficile de revenir à la dureté de la vie laborieuse. L’État veut toujours que l’argent retourne à l’industrie manufacturière, mais avec peu de résultats. Il y a aussi le Bitcoin, le marché boursier, et de toute façon, le travail ne peut pas vraiment être du travail. Troisième obstacle : le capitalisme finira par tuer le pouvoir de consommation C’est la question du sujet principal. Pourquoi encourager la consommation des riches ne fonctionne-t-il pas ? Une personne peut accumuler une richesse infinie, mais ce qu’elle peut consommer est limité. Si la richesse ne circule pas, elle n’a pas de sens. Jack Ma mange un homard australien une fois par jour, cela ne fait que 365 repas par an. Acheter une Mercedes chaque jour, cela ne fait que 365 voitures par an. Acheter une Armani chaque jour, cela ne fait que 365 pièces par an. Il gagne des dizaines de milliards par an, mais sa consommation normale ne dépasse pas quelques centaines de millions, le reste de l’argent ne circule pas sur le marché, il ne peut pas créer de richesse. La monnaie n’est de la vraie monnaie que lorsqu’elle circule, sinon ce n’est qu’un papier dans un coffre. Le capitalisme stimule la consommation au début, mais après l’effet Matthieu, les grands capitaux finiront par tuer le pouvoir de consommation. Plus Jack Ma gagne d’argent rapidement, moins il y a de richesse en circulation parmi le peuple ordinaire. Jack Ma peut-il dépenser en dépassant ses moyens ? Jeter une pièce après l’avoir utilisée ? Cela ne suffit pas pour dynamiser le marché, les médias diront qu’il gaspille. Acheter dix mille homards par jour ? Cela dynamise le marché, mais une seule personne ne peut pas tout manger, et finir par jeter, comme en 33 ans de lait renversé aux États-Unis, ou finir par mettre en route des lampadaires. Ne pas partager tout avec les Chinois ? Ce serait l’égalité, mais alors pourquoi avoir travaillé si dur pour gagner autant ? Mieux vaut commencer par gagner moins et partager avec tout le monde dès le départ. Du point de vue du capital, chaque capitaliste n’est qu’un pantin du capital. Une fois dans cette voie, la seule tâche est de continuer à gagner de l’argent pour augmenter le capital. Parce que dans un environnement d’effet Matthieu, une croissance lente sera toujours avalée par une croissance plus rapide. Le comportement de dépassement de ses moyens va à l’encontre du capital lui-même, et en faisant cela, le capital abandonnera celui qui le fait, pour être remplacé par un autre capitaliste. C’est pourquoi le capitalisme ne peut pas fonctionner. Nous ne savons pas si le socialisme peut fonctionner, mais suivre la voie du capitalisme revient toujours à franchir ces trois obstacles. Une fois arrivé au bout, cela conduit à une crise économique ou à une guerre mondiale, à un effondrement du système, à la mort, puis à la renaissance.
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Puisque la richesse des riches représente 80 % de la richesse totale de la société, alors encourager la consommation des riches ne serait-il pas la solution ?
Pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre les trois obstacles que le capitalisme ne peut pas franchir.
Premier obstacle : l’effet Matthieu
C’est une maladie commune à toutes les propriétés privées, pas spécifique au capitalisme. Au début de la propriété privée, les ressources sont abondantes, la ligne de départ est à peu près la même, plus on travaille, plus on gagne, chacun peut envisager un avenir meilleur. Mais à moyen terme, les grands capitaux commencent à montrer leur avantage de taille. Coca-Cola, grâce à l’échelle, réduit ses coûts, les petites usines qui entrent sur le marché ne peuvent tout simplement pas rivaliser. Les grandes entreprises peuvent aussi, en brûlant de l’argent en pertes, évincer le marché, comme Meituan ou Didi à leurs débuts, en établissant rapidement une position monopolistique.
À la fin, lorsque les ressources deviennent rares, la lutte entre gros poissons devient peu esthétique. La dynastie féodale en est un exemple : après des guerres, la population diminue, les seigneurs et les paysans ont chacun leurs terres. Mais les seigneurs utilisent diverses méthodes pour s’approprier les terres, comme acheter à bas prix lors de calamités ou frauder en collusion avec l’administration. Finalement, les terres des paysans diminuent, les seigneurs forment des forces solides, et ils exploitent le pouvoir impérial pour opprimer le peuple. Lorsqu’une grande calamité survient, le peuple ne peut plus survivre, il se révolte, ou l’empereur centralise le pouvoir et les seigneurs locaux se révoltent. L’ancienne dynastie s’effondre, le peuple traverse une période sombre, en attendant la prochaine dynastie. C’est ce que Huang Peiyan appelle la loi cyclique de l’histoire. Tant que la propriété privée ne sera pas modifiée, l’effet Matthieu existera toujours. Le capitalisme doit être renversé non pas à cause de la morale des capitalistes, mais à cause du mécanisme. Il est plus facile pour un bon capitaliste de changer de mentalité, mais les mauvais sont plus obstinés. Cependant, le plus important, c’est que ce n’est pas toi qui comptes le plus pour moi, mais moi pour toi.
Deuxième obstacle : le capitalisme ne vise pas principalement la production
Il n’y a que deux façons de faire croître la richesse : la création et le transfert. La création, c’est produire, faire grand le gâteau. Le transfert, c’est prendre, de manière légitime ou violente, c’est toujours un jeu à somme nulle.
L’objectif fondamental du capitalisme est la valorisation du capital, c’est-à-dire l’effet Matthieu, peu importe les moyens. Au début, les capitalistes sont passionnés par la production, car la richesse sociale totale n’est pas élevée, seul le développement de la production permet d’accumuler de la richesse, c’est la première pièce d’or. Mais lorsque l’accumulation de capital atteint un certain niveau, ils commencent à chercher des moyens détournés, car produire est lent et fatigant, d’où la naissance de la finance.
Le moyen le plus courant est le prêt bancaire, avec intérêts. Quand le capital est petit, les intérêts ne sont pas significatifs, mais quand il devient grand, on peut atteindre la liberté financière. Quelques centaines de millions d’euros rapportent plusieurs dizaines de milliers par jour, sans faire aucune production, ce qui n’aide pas directement à augmenter la richesse sociale. Bien que les intérêts bancaires créent indirectement de la richesse sociale, d’autres formes ne sont pas forcément légitimes. Par exemple, à Shanghai, dix appartements loués rapportent plusieurs dizaines de milliers par mois, le salaire d’un doctorant est à peu près ce montant, le propriétaire peut aussi bien être un chien.
La magie du capital se manifeste : ne rien faire chaque jour, et la richesse peut rivaliser avec celle des talents supérieurs. Mais derrière cette tranquillité se cache le travail acharné de nombreux ouvriers. Le capital est un gouffre qui fait plier de nombreux héros. Jack Ma, qui a transformé l’esprit de faire des affaires sans difficulté en fortune, a évolué en fortune de bienfait, et après avoir fait grand, les industriels se lancent dans l’immobilier. Si l’État ne contrôlait pas la finance, il y aurait aujourd’hui une multitude de banques privées. Après avoir goûté à la douceur de la liberté financière, il est difficile de revenir à la dureté de la vie laborieuse. L’État veut toujours que l’argent retourne à l’industrie manufacturière, mais avec peu de résultats. Il y a aussi le Bitcoin, le marché boursier, et de toute façon, le travail ne peut pas vraiment être du travail.
Troisième obstacle : le capitalisme finira par tuer le pouvoir de consommation
C’est la question du sujet principal. Pourquoi encourager la consommation des riches ne fonctionne-t-il pas ?
Une personne peut accumuler une richesse infinie, mais ce qu’elle peut consommer est limité. Si la richesse ne circule pas, elle n’a pas de sens. Jack Ma mange un homard australien une fois par jour, cela ne fait que 365 repas par an. Acheter une Mercedes chaque jour, cela ne fait que 365 voitures par an. Acheter une Armani chaque jour, cela ne fait que 365 pièces par an. Il gagne des dizaines de milliards par an, mais sa consommation normale ne dépasse pas quelques centaines de millions, le reste de l’argent ne circule pas sur le marché, il ne peut pas créer de richesse. La monnaie n’est de la vraie monnaie que lorsqu’elle circule, sinon ce n’est qu’un papier dans un coffre.
Le capitalisme stimule la consommation au début, mais après l’effet Matthieu, les grands capitaux finiront par tuer le pouvoir de consommation. Plus Jack Ma gagne d’argent rapidement, moins il y a de richesse en circulation parmi le peuple ordinaire.
Jack Ma peut-il dépenser en dépassant ses moyens ? Jeter une pièce après l’avoir utilisée ? Cela ne suffit pas pour dynamiser le marché, les médias diront qu’il gaspille. Acheter dix mille homards par jour ? Cela dynamise le marché, mais une seule personne ne peut pas tout manger, et finir par jeter, comme en 33 ans de lait renversé aux États-Unis, ou finir par mettre en route des lampadaires. Ne pas partager tout avec les Chinois ? Ce serait l’égalité, mais alors pourquoi avoir travaillé si dur pour gagner autant ? Mieux vaut commencer par gagner moins et partager avec tout le monde dès le départ.
Du point de vue du capital, chaque capitaliste n’est qu’un pantin du capital. Une fois dans cette voie, la seule tâche est de continuer à gagner de l’argent pour augmenter le capital. Parce que dans un environnement d’effet Matthieu, une croissance lente sera toujours avalée par une croissance plus rapide. Le comportement de dépassement de ses moyens va à l’encontre du capital lui-même, et en faisant cela, le capital abandonnera celui qui le fait, pour être remplacé par un autre capitaliste.
C’est pourquoi le capitalisme ne peut pas fonctionner.
Nous ne savons pas si le socialisme peut fonctionner, mais suivre la voie du capitalisme revient toujours à franchir ces trois obstacles. Une fois arrivé au bout, cela conduit à une crise économique ou à une guerre mondiale, à un effondrement du système, à la mort, puis à la renaissance.