Source : Chainalysis ; traduit par : Wuzhu, Jinse Caijing
Les régulateurs bancaires fédéraux américains ont retiré leur précédente déclaration conjointe sur les actifs cryptographiques, accordant aux banques une plus grande liberté pour participer aux activités liées aux actifs numériques. Ces agences soulignent leur engagement à favoriser l’innovation et à synchroniser les attentes avec les changements du marché - elles reconnaissent le rôle croissant de la blockchain en tant qu’infrastructure financière fondamentale. Cela ouvre la voie aux institutions financières traditionnelles (FI), leur permettant d’entrer dans le domaine des actifs numériques avec moins d’obstacles réglementaires.
Le 24 avril 2024, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), la Réserve fédérale et l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) des États-Unis ont annoncé le retrait de leurs déclarations antérieures concernant la participation des banques aux actifs cryptographiques et aux activités connexes.
Auparavant, les régulateurs avaient imposé des exigences réglementaires strictes, en particulier concernant la volatilité des dépôts liés aux cryptomonnaies, et avaient établi des règles de gestion de la liquidité rigoureuses. La déclaration réglementaire publiée en 2023, désormais retirée, avait en réalité dressé des barrières d’avertissement pour les banques envisageant de participer aux cryptomonnaies. Bien que ces recommandations n’interdisent pas complètement, elles ont émis un avertissement réglementaire fort aux banques :
Avec le retrait de ces déclarations, les banques peuvent désormais participer plus librement au marché des cryptomonnaies, tant qu’elles maintiennent de bonnes pratiques de gestion des risques et de conformité - cette démarche reconnaît la légitimité croissante des cryptomonnaies et la demande croissante des clients pour des services d’actifs numériques.
Les régulateurs ont tous apporté des ajustements spécifiques, éliminant ainsi les obstacles à la participation des banques aux activités liées aux actifs numériques :
Ce changement réglementaire représente une opportunité majeure pour les banques américaines envisageant d’entrer dans le domaine des actifs numériques.
Simplification de l’accès au marché : en supprimant les exigences de notification préalable et d’approbation, les régulateurs ont réduit les obstacles à la fourniture de services cryptographiques par les banques, accélérant ainsi l’accès au marché et renforçant la compétitivité.
Élargir la portée des activités cryptographiques autorisées : les banques disposent désormais d’une autonomie plus claire et peuvent participer à une série d’activités cryptographiques qui étaient auparavant affectées par une incertitude réglementaire, y compris les services de garde, les paiements et les applications de registre distribué.
Élargir les services aux clients de cryptomonnaie : les institutions financières peuvent fournir des services bancaires aux entreprises du secteur de la cryptomonnaie (y compris les bourses et les émetteurs de stablecoins) avec plus de confiance, ouvrant ainsi de nouveaux segments de clientèle et des opportunités de revenus.
Bien que des réglementations claires aient été établies, il existe encore certaines questions importantes, et des orientations supplémentaires devraient être émises :
Bien que la réglementation ait été assouplie, les autorités de régulation continuent de souligner l’importance d’une gestion des risques appropriée. Les banques doivent s’assurer que :
Bien que les régulateurs américains aient toujours eu une attitude clairement prudente envers les activités bancaires liées aux cryptomonnaies et la fourniture de services de garde, ces dernières années, de nombreux homologues internationaux ont adopté une position plus neutre voire même favorable. Par exemple, en 2023, l’Autorité monétaire de Hong Kong a publié des directives encourageant les banques à fournir des services bancaires aux fournisseurs de services d’actifs virtuels réglementés. De même, les banques centrales d’Afrique du Sud, du Nigéria et des Émirats arabes unis ont également publié des avis pour guider les banques dans la gestion des risques d’intégrité financière lorsqu’elles participent à l’écosystème des cryptomonnaies. Les régulateurs des Émirats arabes unis, de Singapour et de Hong Kong ont exprimé leur volonté de permettre aux banques d’émettre des stablecoins, ce qui reflète une attitude plus largement ouverte envers l’innovation responsable dans le domaine financier.
Cependant, les banques d’envergure internationale pourraient encore faire face à certaines restrictions liées aux normes mondiales à venir. Le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (BCBS) a exprimé des inquiétudes concernant l’aggravation des risques associés aux blockchains sans autorisation. Dans ce cadre, les lignes directrices de Bâle sur le traitement prudent des risques liés aux actifs cryptographiques des banques - que les membres du Comité de Bâle ont convenu de mettre en œuvre d’ici le 1er janvier 2026 - imposeront des exigences de capital strictes aux banques actives à l’international détenant des actifs blockchain sans autorisation sur leur bilan.
Bien que ces normes soient principalement destinées aux banques ayant une influence internationale, dans la pratique, de nombreuses juridictions élargissent également leur champ d’application aux grandes banques nationales ou à celles présentant une importance systémique. Il convient également de noter que les normes de Bâle ne sont pas contraignantes sur le plan juridique – elles doivent être adoptées par la réglementation nationale, un processus qui peut impliquer des retards, des modifications ou une mise en œuvre partielle. Une fois pleinement mises en œuvre, ces exigences en matière de capital pourraient rendre coûteux pour les banques de mener à bien certaines activités cryptographiques à grande échelle, telles que les prêts garantis par des actifs cryptographiques et la détention de stablecoins.
Les banques souhaitant développer des services d’actifs numériques devraient pleinement tirer parti du nouveau cadre réglementaire pour élaborer des solutions d’application de cryptomonnaie structurées et évolutives. Avec une baisse significative des barrières à l’entrée, les institutions financières disposent d’un chemin plus clair pour construire et élargir leurs produits d’actifs numériques.
Le succès dépend d’une exécution minutieuse, de partenariats solides et d’une conformité rigoureuse :
Ce changement de réglementation représente un moment de transformation pour le secteur bancaire américain. Après des années de prudence et de restrictions, les régulateurs accordent désormais plus de liberté aux banques pour explorer les opportunités des cryptomonnaies et s’attendent à ce qu’elles fassent preuve d’innovation responsable.
Les portes des actifs numériques sont désormais grandes ouvertes, et les obstacles réglementaires qui freinent l’innovation se font de plus en plus rares.